
Le Musée Transitoire investit larchitecture et lacoustique de lieux en transition. Suspendus entre deux états, entre deux usages, ces espaces se prêtent pour un temps à une transformation dépourvue de fonctionnalité.
Pensé comme une institution-uvre et fondé par Romina Shama, le projet interroge les formats dexposition, de conservation, et la place des auteur·ices dans le champ de lart.
Pour sa quatrième édition, le Musée Transitoire sinstalle dans le beffroi de la place du Louvre, entre léglise Saint- Germain-lAuxerrois et lancienne mairie.
L'exposition qui y est présentée s'intitule "Ministère Transitoire" et est composée dune série dActes et dEntre-actes.
"Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat nest pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité dagir mais aussi de sa capacité de penser et de juger."
Hannah Arendt
Dans La Condition de lHomme moderne (1958), Hannah Arendt distingue trois formes dactivité humaine :
1. Le travail, qui répond aux besoins biologiques et assure la survie matérielle.
2. Luvre, qui produit des objets durables et façonne le monde que nous habitons.
3. Laction, qui relève de la parole et de la délibération collective, fondement du politique et de la liberté.
Le Musée Transitoire active ces trois dimensions à travers la création dun Ministère, interrogeant la notion de valeur, non seulement économique, mais aussi éthique et politique. Laction devient alors espace de résistance face aux formes insidieuses de totalitarisme contemporain.
Cette quatrième édition du Musée Transitoire se structure comme une collection de faits divers qui témoignent des tensions actuelles : multiplication des crises politiques et sociales, désinformation et banalisation des discours autoritaires. À travers ces événements, souvent perçus comme anecdotiques, se dessine un paysage qui accélère une montée progressive des systèmes totalitaires.
Cette exposition invite à explorer ces tensions et pose la question dun possible épuisement des systèmes en place et dune reconstruction sur des bases nouvelles, pour redéfinir les relations entre individu·es, collectif et structure.
Pour les Journées européennes du patrimoine, nous vous invitons à découvrir l'Acte IV : une exposition in situ de l'artiste Bastien Gachet. L'installation proposée par l'artiste est pensée en relation intime avec l'architecture et l'acoustique du bâtiment.